File indienne dans l’été indien


         Par monts et par vaux, je parcours la vallée du Doubs en empruntant les chemins de campagne à la découverte des paysages aux couleurs d’automne qui s’imposent.

         Le soleil qui rayonne ces derniers jours accentue les contrastes et illumine de transparence les feuillages à contre-jour.

La lumière décline vite à cette saison de l’année, les tons chauds de fin de journée plongeant les versants des coteaux dans une ambiance d’été indien.

         Au détour d’un chemin à la Motte de Clémont, entre Liebvillers et Montécheroux, le tableau qui s’offre à moi est magnifique.

Un troupeau de vaches montbéliardes remonte paisiblement, dans l’axe de mon objectif photo, la petite route qui mène à la ferme.

          L’image de cette file indienne dans ce cadre automnal est à mon goût, le reflet de saison de notre belle Franche-Comté.

          Dominique Delfino







                             

                                 ''Aux fils du temps'' 

   
        Telles des dentelles de fils d'argent qui luisent dans la lumière, les toiles d'araignées chargées de rosée illuminent les matins d'automne. 

          Une toile d'araignée est un piège en soie confectionné pour capturer les proies. Si toutes les araignées fabriquent de la soie, toutes ne tissent pas de toile. 

          Les araignées sont de véritables usines à soie. Elles possèdent des glandes qui permettent de conserver la soie sous forme liquide à l’intérieur de l'abdomen et se solidifie au contact de l'air, assurant ainsi sa solidité. 

           Le fil transmet également les vibrations. Il alerte ainsi l'araignée lorsqu'une proie est tombée dans son piège ou de l'approche d'un mâle. 

L'araignée se tient à l’affût au centre de la toile ou dans un abri en dehors de celle-ci. Alertée par les vibrations de la proie qui se débat, l'araignée accourt par les lignes sèches sur lesquelles elle peut se déplacer sans s'engluer elle-même. 

           Une image qui ''accroche'' avec cette délicate toile tissée au sein de ce rigide fil barbelé. 

              Dominique Delfino 







                            Pic mar ou Pic épeiche 


            Le Pic mar est un oiseau discret, volontiers solitaire. C'est une espèce facilement identifiable, mais il peut facilement être confondu avec le Pic épeiche.

De taille moyenne, à peu près équivalente celle de l'épeiche, c'est un pic bigarré de noir et blanc coloré de rouge. 

          Le Pic mar est un oiseau arboricole, qui ne cherche que très rarement sa nourriture sur le sol. 

Territorial tout au long de l'année, il est agressif envers les congénères qui se trouvent à l'intérieur de son territoire.

          Ce pic est très fidèle à son habitat. Même lors d'hivers rigoureux, l'espèce reste dans son aire de reproduction, qui s'étend toutefois sur une plus grande surface pendant les mois d'hiver. 

            Tout au long de l'année, il préfère la zone de la couronne intérieure des vieux arbres à feuilles caduques à écorce grossière. 

          Il n'est d’ailleurs pas rare de l'observer à la mangeoire dont il pourra en prendre l’habitude durant l'hiver.

          Ce sera alors l'occasion de pouvoir l'observer dans d’excellentes conditions et de bien le différencier avec son cousin le Pic épeiche.

                  Dominique Delfino 

                  Pittoresque point de vue automnal


            L'automne clément rime avec randonnées et balades champêtres à la découverte de paysages aux couleurs chaudes et chatoyantes.

 C'est la saison du changement, l’automne nous offrant l’occasion d’anticiper sereinement la saison froide qui va lui suivre.

             Le froid n’est pas la raison principale qui déclenche l’entrée en vie ralentie des végétaux, le facteur principal étant la durée du jour qui décroît progressivement à partir du 21 juin.

 Il faut alors profiter des cadres somptueux que nous offre notre région durant cette courte période où les couleurs s'imposent.

              Les vallées du Dessoubre et du Doubs baignent dans cette belle lumière offerte par les journées ensoleillées de ces derniers jours. 

 Direction le lac et la Combe de Biaufond où les gorges du Doubs sculptent le relief dans ce joli canyon. Le parcours du Doubs franco-suisse va me conduire à prendre de la hauteur en direction des Roches-de-Moron. 

               Une randonnée sur la commune neuchâteloise des Planchettes permet d'accéder à un belvédère incontournable des gorges du Doubs. Un parcours en boucle, entre le Saut du Doubs et le barrage du Châtelot, traverse ce massif boisé entrecoupé de hautes falaises sauvages vertigineuses.

              Un dépaysement assuré avec d'un sentiment d'évasion pour clore ce chapitre grands espaces.


                  Dominique Delfino

                                   Pas de géant

          Difficile de réaliser au regard de cette image que nous faisions face à une météo déplorable il n’y a pas encore très longtemps.

           Symbole de la sécheresse, cette croûte de terre craquelée au fond d'un fossé de drainage sur le chantier Technoland, offre à notre imagination un terrain de découverte où le graphisme s'impose.

           Pas à pas le regard fixe à travers l'objectif un tableau de cet espace minéral que la lumière rasante du soir met en relief. 

            Chacun y voit une image à son goût suivant l'approche que l'on porte sur le sujet. Sous cet angle de prise de vues, ce détail se transforme en pas de géant qui me saute aux yeux.

             Un terrain de jeu pour le photographe qui disparaîtra dès les premières pluies d'automne. 

                Dominique Delfino 

         Alerte en vol pour les Canards colverts


           Je profite d'une belle ambiance matinale sur ce plan d'eau artificiel d'un bassin aménagé sur Technoland 2. 

          Un groupe d'une quarantaine de canards composé pour moitié de Colverts et de Sarcelles d'hiver profite de la quiétude de cet espace qui émerge tout doucement de la brume matinale.

           La végétation rivulaire qui s'est naturellement développée, permet à ces oiseaux de se mettre à l'abri en cas de danger mais offre également le couvert à des espèces telles que la Bécassine des marais observée également sur ce milieu.

            Alerte générale alors que tout semble calme et que personne n'approche à découvert. Je surprends alors un rapace qui, tel un avion de chasse, tente de capturer un canard affolé qui prend son envol avec les autres oiseaux, mon appareil photo crépitant dans une rafale d'images.

               Peine perdue pour ce splendide Autour des palombes qui se pose au sol à quelques mètres de mon affût et que j'arrive néanmoins à photographier à travers les herbes hautes.
    

               Dominique Delfino

                                Arbre en scène 

        L'automne qui s’annonce dévoile déjà ces petits matins plongés dans un brouillard matinal.
        Progressivement, le lever de soleil filtré par la brume laisse apparaître un furtif disque solaire.
         Ce sont les derniers vieux vergers sur le plateau d'Allenjoie et de Dambenois, épargnés par les terrassements de Technonand 2, qui m'offriront l'inspiration pour ces prises de vues.
        Tels de véritables monuments naturels ces arbres surgissent dans la lumière diffusée par le brouillard et le soleil qui tente de s'imposer.
         Le décor est planté, il faut profiter de chaque instant, être à l'affût du jeu de lumière qui animera et plongera mon sujet dans une ambiance particulière.
        Tout peut alors se dérouler très rapidement. Les rayons de soleil diffusent un bouquet de lumière dans les branches à contre-jour, créant une mise scène que seule la nature a le secret de mettre en œuvre. 

                    Dominique Delfino

                L'élégante Pie-grièche écorcheur 


        La Pie-grièche écorcheur compte parmi nos plus jolis passereaux. De taille nettement supérieure à celle d'un moineau, c'est un oiseau facile à découvrir sur le terrain car, malgré son caractère assez farouche, elle n'hésite pas à se montrer en évidence sur un perchoir exposé (sommet d'un arbuste, piquet de clôture...). 

        L'habitat de reproduction doit être pourvu d'arbustes ou de buissons touffus favorables à la nidification (épineux comme les prunelliers, ronciers, aubépines ou églantiers). D'autre part, l'environnement doit être assez ouvert, avec un accès au sol facile, pour la chasse. 

La pie-grièche écorcheur est donc une très bonne ambassadrice de l’infrastructure écologique. Espèce protégée, il est interdit de la chasser ou de dégrader son habitat.

        Le déclin généralisé de la Pie-grièche écorcheur est bien réel même s’il paraît moins apparent et moins dramatique que celui des autres espèces de pies-grièches. 

Elle chasse essentiellement à l'affût depuis un perchoir. Lorsque les proies abondent, elle a l'habitude de se constituer des réserves. 

        Pour ce faire, elle empale sur une épine ligneuse ou un fil barbelé ses proies en vue des jours d'intempéries où la nourriture se fait rare. 

L’aire d’hivernage de la Pie-grièche écorcheur commence dans le sud du Kenya et s’étend pratiquement sur tout le sud de l'Afrique. 

      Ce couple, photographié sur des espaces de friches naturelles en zone tampon sur la ZAC Technoland 2 du plateau de Brognard, justifie pleinement la protection et une bonne gestion de ces biotopes.

         Dominique Delfino




                 Le monde fascinant des libellules 


          Parmi les insectes, les libellules, nous impressionnent par leur beauté, leurs couleurs et leur vol exceptionnel. 

Il y a plus de 200 millions d'années ces insectes élégants et raffinés existaient déjà avec une anatomie comparable aux libellules modernes. Elles ont connu les dinosaures, elles ont vu l'apparition des premiers oiseaux et mammifères, des primates et de l'être humain. 

         Les ailes de la libellule sont indépendantes. Cette particularité offre de nombreuses possibilités de vol (sur place, avant, arrière) mais surtout fait de la libellule l'insecte le plus rapide qui soit avec des pointes pouvant atteindre 30 km/h.

Sa vie est liée à la présence de points d'eau pour la reproduction. La libellule passe la plus longue partie de sa vie sous l'eau à l'état de larve, selon l'espèce de quelques semaines à plusieurs années. 

         Un beau matin la nymphe sort de l'eau, grimpe sur une tige ou un roseau et s'immobilise. Cette étape nommée l'émergence achève la vie aquatique de la libellule qui débute alors sa vie terrestre.

          La vie aérienne est beaucoup plus courte. La longévité de l'adulte varie de deux semaines à plusieurs mois selon l'espèce. La libellule se nourrit de moustiques de papillons et d'araignées. 

          Cette Libellule écarlate (ou plus justement cet odonate) est un signe du réchauffement climatique. Originaire d’Afrique, elle est remontée progressivement vers le nord et observée depuis une vingtaine d’années dans la région.

      Dominique Delfino




        Cigognes blanches en grand nombre à Allenjoie


        La météo n’est pas au grand beau lundi dernier dans le courant de l'après-midi. 

Un très important vol de Cigognes blanches tournoient et semblent se poser sur les hauteurs d'Allenjoie pour certainement faire une halte migratoire pour la nuit.

 Je retrouve rapidement les cigognes posées au sol, le spectacle est de taille avec près de trois cents échassiers qui accompagnent un agriculteur dans son tracteur labourant une parcelle agricole.

       L’image traditionnelle des mouettes qui volent autour des tracteurs pour profiter de la nourriture qui remontent du sol me vient à l’esprit. 

 Mais dans ce cas précis ce sont les cigognes qui se pressent en masse autour de l’engin qui ouvre son chemin à travers les oiseaux le long de la ligne de labour. La chasse aux proies est sans commune mesure. Les lombrics constituent l’essentiel de la nourriture dont les oiseaux ont besoin pour reprendre des forces. Mais tout ce qui bouge et se présente sous leur grand bec n’aura aucune chance d’échapper à leur appétit. Petits rongeurs, reptiles, amphibiens, insectes compléteront le festin et donnera lieu à des confrontations entre individus bien décidés à ne pas se laisser chaparder leur prise. 

          Les membres du groupe local LPO du Pays de Montbéliard me retrouvent afin de profiter du moment et identifier à la longue-vue les bagues dont sont porteuses certaines cigognes afin de connaître l’origine des oiseaux. Elles rechercheront pour la nuit les points hauts des environs pour assurer leur sécurité et auront très vite dès, le lendemain matin repris leur long voyage vers le sud. 

          Un passage qui complète celui observé semaine dernière près de Semondans comptant cinq cents cigognes ! A ce jour, ce sont plus de mille cigognes qui ont emprunté ce couloir migratoire en survolant le Pays de Montbéliard. 

         Faut-il prévoir un baby-boom en perspective l’année prochaine avec toutes les livraisons de bébés que les cigognes peuvent nous offrir selon la légende ? 

          Dominique Delfino 

                        Jeux de balles

            C'est une année bien compliquée que rencontrent nos agriculteurs dans la conduite des travaux agricoles en raison de la météo de ces derniers mois. 

Les prairies des plaines alluviales, où le sol est demeuré longtemps gorgé d'eau, ne sont pas encore fauchées dans bien des secteurs.

 Certaines cultures, dont le blé inondé à plusieurs reprises, sont en grande partie considérées comme perdues. 

          Je profite d'une mission de prises de vues aériennes pour mesurer ce constat vu du ciel. Le graphisme d'un champ de balles de pailles aux environs de Bourogne (90) retient mon attention et souligne la reprise des activités sur des terres moins impactées par les intempéries.

         Un agriculteur, convaincu du dérèglement climatique, me confiait récemment que s'il avait choisir entre sécheresse et pluie continue, il aurait bien du mal à se déterminer !

         Une remarque qui incite à la réflexion sur la gestion des espaces naturels et agricoles que prennent déjà en compte certains exploitants.


           Dominique Delfino









               Faucons crécerelles au dernier étage 

         Ce petit rapace s'accommode de nombreuses situations paysagères. La campagne agricole agrémentée de haies arborées, constitue la forme d'habitat idéale. Il y trouve le gîte et le couvert, la nichée étant établie souvent dans un ancien nid de corvidés.

          Le Faucon crécerelle est avant tout un prédateur de petits mammifères. Il est facile à reconnaître grâce à son vol sur place (vol du Saint Esprit) lui permettant de scruter le terrain pour chasser ses proies. 

 Le site de reproduction varie en fonction du contexte.           L'espèce s'est adaptée au bâti humain et niche communément dans les vieux édifices pourvus de cavités de nidification, châteaux, ponts, vieilles fermes, ruines, etc. 

               C'est ici le cas dans cette ferme à Nommay. La nichée ne passe pas inaperçue et offre un spectacle permanent pour qui prend le temps de lever les yeux sur le pignon de l'édifice. Un oiseau plutôt silencieux en temps ordinaire, mais il devient très vocal en période de reproduction.

                Les jeunes Faucons crécerelles s’envoleront après avoir passé une trentaine de jours au nid, incités à sortir par les parents qui attendront à l’extérieur avec le repas.
 Une fois leur baptême de l’air effectué, les jeunes demeureront avec les adultes encore un mois. 

 Période durant laquelle les jeunes oiseaux ne manifesteront bruyamment autour des parents avant leur totale indépendance.

                 Dominique Delfino









                  Montbéliard s'effeuille
       Pour la troisième année consécutive, la ville de Montbéliard affiche durant tout l'été un pavoisent des ponts, Armand Bermont et Pierre Toussaint, franchissant l'Allan en centre ville. 
         Le service espaces verts, conduit par Thierry Saulnier, a confié ce nouveau projet partenaire au photographe Dominique Delfino.
       Le thème végétal ''la feuille'', propose aujourd'hui une série de douze photographies imprimées sur des drapeaux flottant plein vent au sein de cette galerie de plein air.
        Montbéliard feuille à feuille mais avant tout ''Montbéliard s'effeuille'' pour cette nouvelle thématique qui laisse place à l’imaginaire au gré de cette découverte végétale grandeur nature.
         Un pavoisement que semble apprécier le public nombreux qui emprunte ces axes, dans ce cadre de verdure délivré par l'objectif du photographe. 








               Sale temps pour les Hirondelles de rivage

         
           La météo de ces derniers mois n'a décidément pas épargné les oiseaux durant toute la période de reproduction.

Les espèces nichant à même le sol ou dans les talus et berges de rivières ont particulièrement souffert en raison des niveaux d'eau instables. A plusieurs reprises, les débordements durant ce printemps sont à l'origine de la destruction de couvées d'espèces inféodées à ces milieux.

         L'épisode de pluie de ces derniers jours a encore eu raison des pontes de remplacement ou de seconde nichée.

La Bourbeuse, l'Allaine, l'Allan, la Savoureuse sont entrés en crue très rapidement noyant les terriers et les nids des colonies d'Hirondelles de rivage, de Guêpiers d'Europe, voir encore de Martin-pêcheur dont les poussins n'avaient pas encore quitté le nid.

Nichées inéluctablement perdues cette année, les oiseaux abandonneront toute autre tentative en raison de l'avancée dans la saison d'été. 

           Seuls les oiseaux profitant et colonisant des sites d’exploitation de sable et de gravier ont pu tirer leur épingle d'un jeu compliqué dans la nature

         Dominique Delfino









                 Guêpiers d’Europe en mode pause

           La saison bat son plein avec la reproduction du Guêpier d’Europe dans notre région. 
D’origine tropicale, les Guêpiers ne comptent pas mois de vingt six espèces dont l’une d’elles quitte l’Afrique chaque année pour se reproduire en Europe.
            Nous avons donc la chance de pouvoir observer dès le mois de mai le Guêpier d’Europe lorsqu’il s’installe sur les sites de reproduction appropriés à son mode de nidification (terrier creusé dans la berge d’une rivière ou d’un talus)
Il niche en colonie plus ou moins importante selon le milieu et l’évolution de la population en expansion depuis de nombreuses années.
            La basse vallée du Doubs, mais aujourd’hui le Pays de Montbéliard et les rivières du territoire de Belfort et de Haute-Saône accueillent ce très bel oiseau élégant aux couleurs vives.
           Toujours très prisés, les perchoirs sont partagés par de nombreux oiseaux comme postes d’affût pour chasser les insectes. Ils offrent également l’occasion de réaliser des clichés qui illustrent la concurrence et l’ordre établi le temps d’une pause.

             Dominique Delfino






            Étranges et inquiétants nuages "mammatus''

          Phénomène météorologique original la semaine dernière lorsque le ciel s'est paré de nuages étonnants aux formes rondes. 

Cette formation aussi étrange qu’inquiétante de ''mamatus'' est souvent le présage d'un mauvais orage !

          Le mamma, ou mammatus (« mamelle » en latin), désigne un phénomène particulier et rare. Il se produit à la base de certains nuages lorsque sont réunies des conditions très particulières.

La forme ronde qui les caractérise les rend particulièrement reconnaissables. Semblables à de petites sphères, les mammas se forment lorsque la partie instable d'un nuage survole une couche d'air sec. Les gouttelettes et cristaux de glace contenus dans le nuage descendent alors vers la base tout en s'évaporant.

          Un spectacle qui n'a pas laissé indifférent de nombreuses personnes les yeux rivés sur le ciel pour mémoriser cet épisode météo en images.

             Dominique Delfino






                Lumineux lichen crustacé orange 

          Issus d'une symbiose entre un champignon et une algue, les lichens sont extraordinaires de beauté. Mystérieuse et abstraite, cette splendeur se reflète par leurs couleurs et leurs formes originales des plus variées.
Contrairement aux plantes supérieures, les lichens ne possèdent ni racine, ni tige, ni feuille et comptent près de vingt mille espèces à travers le monde !
           Pionniers remarquables, ils ont conquis les milieux les plus extrêmes. Ils sont capables de pousser sur les rochers des sommets alpins ou ceux des côtes rocheuses balayées par les embruns, sur les coulées de lave, accrochés aux branches des arbres des forêts tropicales mais aussi sur les tuiles des maisons ou les pierres de nos vieux bâtiments !
          Leur capacité de résistance à vivre dans des conditions extrêmes suscite en permanence l'intérêt des scientifiques. 
           Découvert sur la pierre ensoleillée d'un vieil escalier, ce petit tableau concentre mon regard captivé par ce monde végétal.

           Dominique Delfino






                      Hiboux dans la ville 


            C'est une jolie nichée de Hiboux moyen-duc qui interroge et surprend Claudine depuis son balcon à Vieux-Charmont. 

Perchés dans un platane à quelques mètres du petit immeuble, deux jeunes oiseaux de taille adulte tiennent compagnie à l’heureuse retraitée durant ses journées. 

             Dès la nuit tombée les cris stridents des jeunes hiboux signalent leur présence aux adultes chassant toute la nuit pour nourrir ces poussins encore dépendants des parents. 

Inquiète de voir des élagueurs à cette saison tailler les arbres à proximité, Claudine prévient aussitôt un ami voisin, Guy Français avec qui nous rencontrons les agents ENEDIS chargés de dégager des câbles électriques pris dans les branches. 

            C'est dans le cadre du Groupe Local LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) Pays de Montbéliard que nous intervenons. 

Surpris également par cette belle découverte, les agents ENEDIS prennent en compte ce constat pour programmer ultérieurement cette intervention, le temps que les oiseaux deviennent autonomes. 

 
                        Dominique Delfino




                      Petit-Gravelot téméraire 

           
             Le Petit Gravelot est le plus petit des limicoles nicheurs de France. Dès son retour d'Afrique sur son site de nidification, le mâle, territorial et agressif, délimite son territoire par des évolutions aériennes ponctuées de cris. La parade sexuelle, qui réunit les deux sexes, a lieu au sol et comporte des poses stéréotypées.

            Le nid est une dépression peu profonde sur un sol nu et graveleux, quelquefois au milieu d’une végétation rare et rase et garnie de quelques éléments végétaux. L’eau n’est jamais loin. 

A défaut de milieu naturel favorable, il n'hésite pas à s'installer sur un site de substitution. Les terrassements et remblais industriels sont souvent choisis le temps de la nidification.

           Cette année encore, les plates-formes du Technoland en attente de construction accueillent quelques couples de Petits-Gravelots avec les risques liés à l'activité humaine. Sur ce site, j'observe ainsi cet oiseau téméraire quittant son nid à l’approche des camions stationnant à proximité et menaçant la couvée de quatre œufs.

               La protection de cette espèce impose parfois de stopper un chantier le temps de la reproduction ou de délimiter un périmètre de protection comme dans ce cas précis. 

                     Dominique Delfino





                             Canetons, flotteurs 


          Jolie nichée de Canards colverts, tout juste sortis de l’œuf, découverte dernièrement dans ce charmant ruisseau de la vallée du Gland. Les canetons découvrent leur nouvel environnement dans cette eau vive et limpide.

        La femelle, excellente mère, s’arrête à maintes reprises pour rassembler et réchauffer ses petits. Si une personne ou un animal constituant une menace se présente, elle attirera habituellement l’intrus loin des poussins en battant des ailes, en poussant des cris rauques, simulant une blessure.

         Grâce à cette ruse, elle réussit généralement à éloigner les prédateurs de ses rejetons.

Le courant délivré par de petits seuils aménagés sur le ruisseau offre un terrain de jeux aux canetons. Ils se laissent glisser sur la surface de l'eau tels de véritables petits flotteurs avec une certaine agilité.

            A la recherche de nourriture, les jeunes canards se lancent à la poursuite de tout de qu'ils peuvent capturer afin de constituer les réserves indispensables à leur croissance.

Bonne chance à ces petites boules de duvet pleines de vie.


          Dominique Delfino




                            Merveilleux choupissons

         Découverte émouvante et quelque peu piquante au sein d'un stock de bois dans le jardin de Michel à Semondans, un nid de hérissons bien dissimulé et protégé qui abrite quatre très jeunes bébés bien blottis les uns aux autres. Depuis quelques années, le petit du hérisson ou hérissoneau est aussi appelé “choupisson”.
Seul mammifère d’Europe à avoir des piquants sur son dos,  le hérisson cherche au début de l'automne, un endroit abrité par un arbre ou des ronces, ou bien creuse un terrier pour hiberner. Il se roule en boule et s'endormira d'un sommeil profond entrecoupé de réveils brefs .
       La femelle n’a qu’une portée par an. Elle peut avoir jusqu’à neuf petits, cependant, elle aura trois bébés en moyenne. La copulation débute entre le mois d’avril et le mois de septembre de la fin de l’hibernation jusqu’aux premières vagues de froid.
        La mortalité des jeunes est très élevée et les dangers d’origine humaine accentuent ce constat. Ce nid sera soigneusement recouvert et protégé par Michel pour assurer à cette portée le meilleur avenir dans ce jardin.
       Dominique Delfino  

              Mésange à longue queue et à longue plume

        Encore couramment nommée à tort Mésange à longue queue, ce petit passereau n'est plus classé parmi les mésanges.

L'Orite à longue queue se remarque par son petit corps compact et sa queue démesurément longue qui facilite son identification. 
        Relativement commune et familière, très active, dotée d’un caractère paisible, la Mésange à longue queue vit au sein d'un groupe familial de plusieurs familles parfois.
        En observation en lisière de forêt, je remarque un couple en pleine activité de construction du nid. Véritable chef-d’œuvre, cette boule ovale est composée de mousse de lichens, de crins, de soie et toiles d’araignées.
          Le va-et-vient du couple est permanent. Durant des heures, le couple finalise ce nid douillet en le garnissant de centaines de plumes dont je m'interroge encore sur la provenance ... 

                 Dominique Delfino 

              Tête à tête avec la Grenouille rousse

         Découverte dernièrement au Moulin de la Doue à Glay, la Grenouille rousse (Rana temporaria) est l’espèce la plus répandue en Europe. Néanmoins, ses populations régressent en grande partie à cause de la disparition de leur habitat et du ramassage pour la gastronomie.
Bien qu'elle soit considérée terrestre à l’inverse de la Grenouille verte, elle apprécie les zones humides mais ne reste dans l'eau que pour la ponte et enfouie dans la vase durant l'hivernage,.
           De toutes les espèces de d'amphibiens d'Europe, la Grenouille rousse présente la robe la plus colorée et la plus variée. Elle est très solitaire et ne vit jamais en groupes, hormis pour la reproduction.
Pour échapper à un danger, elle bondit par détente brutale de ses membres postérieurs. Elle peut aussi rester immobile, confiante dans son homochromie. 
             La femelle est plus grande que le mâle et peut mesurer jusqu'à 10 cm. La Grenouille rousse se nourrit de divers invertébrés, insectes, araignées, mollusques mais aussi vers, limaces ou chenilles, ce qui en fait un très bon auxiliaire du jardinier. 

               Dominique Delfino